KIRK LIGHTSEY PIANO SOLO / 22 OCTOBRE 2009 / PARIS                             








KIRK LIGHTSEY PIANO SOLO
22 octobre 2009 - Eglise luthérienne du Bon-Secours (Paris 11e)

A l'église luthérienne du Bon-Secours, Kirk Lightsey était invité par Spirit of Jazz à donner libre cours à sa verve pianistique. Il a certes débuté à la flûte, dans un impromptu assez déstabilisant, mais il a poursuivi avec un "More Than You Know" fantasque et sensible. Il démontre sur du Egberto Gismonti ("Infancia") ou du Wayne Shorter ("Fee-Fi-Fo-Fum", "Infant Eyes") que sa profondeur rythmique ouvre sur une liberté stylistique infinie. Il évoque Tommy Flanagan par sa poésie, Randy Weston par certaines ambiances atypiques, Bud Powell et Art Tatum par sa vigueur, McCoy par sa main gauche vigoureuse… Ni in ni out, il apporte une pure présence soulful, en prince du décalage spontané qu'il est. Son abondance torrentielle ne quitte jamais le fil de l'émotion, de la mélodie et bien sûr du blues. Toujours funky, toujours abstrait, toujours sensible, son "Estate" final a résumé l'envergure d'un pianiste opérant une synthèse rare de l'historie du jazz.

   AFRO-SEMITIC TOUR / 15-22 JUIN 2009 / PARIS                                                 


                                     

Spirit of Jazz a produit, en juin, la tournée  du contrebassiste David Chevan et du pianiste Warren Byrd, dont c'était  la première venue à Paris. Membres fondateurs de The Afro-Semitic Experience ils ont permis d’illustrer un aspect méconnu du jazz : les relations entre Juifs américains et Afro-Américains.

La convergence asymétrique de deux histoires et de deux cultures s’est trouvée aux Etats-Unis dynamisée par le jeu de l’intégration et de la lutte pour la reconnaissance. Ce sont ainsi deux groupes sociaux qui ont montré toutes leurs qualités de créativité et de résistance pour produire des formes nouvelles, notamment le cinéma et le jazz.

Cette thématique, si vitale aux Etats-Unis, a trouvé à s’exprimer lors de cette tournée parisienne soutenue par l’Ambassade des Etats-Unis et le Fonds Social Juif Unifié (FSJU), qui l'a en partie intégrée à la programmation du Festival des Cultures Juives, faisant ainsi de Spirit of Jazz l'un des partenaires de ce beau festival organisé avec la Mairie de Paris.






Warren Byrd, David Chevan, Saskia Laroo, Sarah Morrow, Jean-Jacques Taïb

THE AFRO-SEMITIC EXPERIENCE
15 juin 2009 - Hôtel de Ville de Paris


Personnel :
David Chevan (b)
Warren Byrd (p)
Saskia Laroo (tp)
Sarah Morrow (tb)
Jean-Jacques Taïb (cl, ts)
John Betsch (dm)


 
 
 

               
Tout a commencé le 15 juin avec l’ouverture du Festival des Cultures Juives à l’Hôtel de Ville de Paris devant 900 personnes. Après des allocutions des élus et une prestation de la chanteuse lyrique Aviva Timonier, l’Afro-Semitic Experience s’est présenté en sextet dans une version inédite et exclusive avec Saskya Laroo, Sarah Morrow, Jean-Jacques Taïb et John Betsch.

Eclatant d’intensité, le groupe a su alterner développements enthousiastes et compositions liturgiques, faisant la part belle aux interventions de chaque soliste tout en montrant la puissance des ensembles.

Le lendemain, Warren Byrd et David Chevan ont rencontré trois classes de collège au conservatoire du 19e arrondissement pour leur présenter à la fois le fonctionnement du jazz, leur musique et une part de l’histoire et de la culture qui les habite. C’est un moment à renouveler et à travailler, pour donner sens à un moment de partage important.

 
David Chevan

Warren Byrd
 

DAVID CHEVAN & WARREN BYRD DUO
16, 18 et 21 juin 2009 - Paris


Personnel :
David Chevan (b)
Warren Byrd



Le lendemain, Warren Byrd et David Chevan ont rencontré trois classes de collège au conservatoire du 19e arrondissement pour leur présenter à la fois le fonctionnement du jazz, leur musique et une part de l’histoire et de la culture qui les habite. Un moment à renouveler et à travailler, pour donner sens à un moment de partage important.

                                                

David Chevan & Warren Byrd
 

Warren Byrd
 
David Chevan
 

Warren Byrd & David Chevan
                                              
Le 17 juin avait lieu une conférence de Jean Szlamowicz, président de Spirit of Jazz et maître de conférence à Paris IV-Sorbonne, à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, sur le thème des relations judéo-noires dans le jazz.

Le 18 juin, c’est au Centre Communautaire de Paris que le duo s’est exprimé et a enregistré une prestation chaleureuse, bien à l’image de leur fusion de gospel, spiritual et de tradition hébraïque. La voix vibrante de Warren Byrd, l’invention des arrangements et la communication permanente des deux musiciens a été un régal constant.

Le 21 juin, dans l’après-midi, l’Eglise Réformée de Belleville, rue Julien Lacroix (Paris 20e), a réservé, grâce au pasteur Serge Jacquemus, un accueil particulièrement coloré au duo qui s’est davantage penché sur les spirituals. En développant la part de la liturgie chrétienne et en célébrant l’héritage judaïque commun, c’est une belle rencontre qui a eu lieu avec un public entièrement mobilisé.                                                                    
 
Warren Byrd & David Chevan
 

David Chevan & Warren Byrd
                                                  
Le soir même, la bimah lumineuse du Centre Maayan de Pauline Bebe a constitué une belle estrade pour le duo. Les récits midrashiques et le swing le plus pur ont alterné avec musicalité, le duo démontrant à chaque concert sa capacité à la poésie comme sur le superbe "Plea For Peace".

Une nouvelle fois, le public a été conquis par la sincérité et la pureté d’intention de Warren Byrd et David Chevan dont la spiritualité à la fois festive et grave possède une grande originalité musicale.



Le 22 juin, Jean Szlamowicz intervenait à nouveau à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris aux côtés de Yves-Victor Kamami, vice-président de l’amitié Judéo-Noire et représentant du B’nai Brith, sur l’histoire des relations entre Juifs américains et Afro-Américains. Ces deux conférences ont été très suivies et ont permis des rencontres autour d’une thématique peu connue en France mais qui a fait l’objet de nombreuses recherches aux Etats-Unis.


Warren Byrd, David Chevan , John Betsch


David Chevan

John Betsch
THE AFRO-SEMITIC EXPERIENCE
22 juin 2009 - Hôtel de Sauroy (Paris)


Personnel :
David Chevan (b)
Warren Byrd (p)
John Betsch (dm)



Le soir, dans le cadre du Festival de Cultures Juives, grâce à la Mairie du 3e arrondissement, le superbe Hôtel de Sauroy, a été un écrin de choix pour le final de la tournée.  
                                                                           


Warren Byrd & David Chevan

En trio, Warren Byrd, David Chevan et John Betsch ont produit le concert le plus intense de la semaine, équilibrant parfaitement les exigences du jazz et celles des sources religieuses. La finesse attentive et énergique de John Betsch a fait merveille dans un lieu où 300 personnes ont été ravies d’un mélange de familiarité culturelle et de décentrement jazzistique.

   HARRY ALLEN & NICOLA SABATO QUARTET / 28 AVRIL 2009 / PARIS             

 
HARRY ALLEN &
NICOLA SABATO QUARTET

28 avril 2009 - Mairie du 13e (Paris)

Personnel :
Harry Allen (ts)
Nicola Sabato (b)
Dano Haider (g)
Ludovic de Preissac (p)

Michel Denis (dm)



 


Dano Haider, Harry Allen, Michel Denis, Nicola Sabato, Ludovic de Preissac
 
Nicola Sabato

                                
Dans la belle et monumentale salle des fêtes de la Mairie du 13e  arrondissement, Harry Allen a démontré avec une élégance évidente pourquoi il est l’un des ténors qui comptent aujourd’hui. Synthèse sonore des Stan Getz, Al Cohn, Szoot Sims, Ben Webster et autres Lester Young, il apporta son sens rythmique personnel avec une énergie tranquille et indiscutable.

Sur des standards de Count Basie ou Frank Foster, le répertoire se concentra sur l’immédiate reconnaissance du cœur du jazz. Sommet de classicisme, l’accompagnement de la rythmique resta sobre (Ludovic de Preissac, Michel Denis), à l’image d’un Dano Haider précis et mélodique. Nicola Sabato sut être un leader discret, tout en imposant sont autorité rythmique.
 
 
Dano Haider

Michel Danis

Les 300 personnes qui s’étaient déplacées ont apprécié la prestation pour sa poésie chaleureuse, son exigence artistique et certains ont pu découvrir à cette occasion un artiste médiatiquement peu reconnu en France mais que les amateurs de jazz savent être parmi les grands stylistes du swing.

 
Harry Allen

Nicola Sabato

   FESTIVAL "DES AMÉRICAINS À PARIS" / 11 AVRIL-1er MAI 2009 / PARIS          


                                     
Spirit of Jazz a repris ses activités en 2009 en se voyant confier par le Jardin d’Acclimatation la programmation jazz de son festival « De Américains à Paris », qui se déroulait du 11 avril au 10 mai.

Cette édition unique fut l’occasion de réunir une grande partie de la communauté des musiciens américains de Paris, sur douze concerts d’après-midi dont plusieurs affiches inédites..





Ray Blue, Doug Sides, Rob Henke, Rasul Siddik, Daoud-David Williams, Sarah Morrow


Sarah Morrow
 
SPRIT OF LIFE ENSEMBLE
11 avril 2009

Personnel :
Daoud-David Williams (perc)
Ray Blue (ts)
Rob Henke (tp)
Rasul Siddik (tp)
Sarah Morrow (tb)
Katy Roberts (p)
Eric Jacot (b)
Doug Sides (dm)
+ Ryan Carniaux (tp)
 
  
     Daoud-David Williams


Le festival s’est ainsi ouvert avec le Spirit of Life Ensemble de Daoud-David Williams  renforcé d’un line-up original qui transforma le collectif de Jersey City en un véritable all stars !

La front line composée des habituels Ray Blue et Rob Henke se trouva augmentée de Sarah Morrow et Rasul Siddik. La rythmique ne fut pas en reste avec Katy Roberts, Eric Jacot et Doug Sides.



            
Ray Blue & Rob Henke

De "Summertime" à "In a Sentimental Mood", le Spirit (dont le nom a inspiré celui notre association) a une nouvelle fois démontré sa capacité d’adaptation et d’invention, son enthousiasme et sa générosité. Invité à la fin du concert, le jeune Ryan Carniaux, disciple new-yorkais de Doug Sides, a révélé un talent assorti d’une saisissante énergie.


Ray Blue & Rasul Siddik
                       

Katy Roberts


Rob Henke, Ryan Carniaux, Rasul Siddik
   

Doug Sides


Katy Roberts, Ray Blue, Eric Jacot, Rob Henke, Doug Sides, Ryan Carniaux, Rasul Siddik, Sarah Morrow


Sean Gourley
                       


SEAN GOURLEY QUINTET

17 & 23 avril 2009

Personnel :
Sean Gourley (g, voc)
Olivier Temime (ts, le 17/4)
André Villéger (ts, le 23/4)
Manuel Rocheman (p, le 17/4)
Alain Jean-Marie (p, le 23/4)
Dominique Lemerle (b)
François Ricard (dm)






Sean Gourley proposa deux quintets grand standing : le premier avec Olivier Temime, Manuel Rocheman, Dominique Lemerle et François Ricard ; le second, version "old cats" réunissait André Villéger – dont c’était la première collaboration avec Sean – et Alain Jean-Marie.

Ce fut l’occasion de parcourir le répertoire des comédies musicales ("I Won’t Dance"), d’évoquer Frank Sinatra et même Ray Charles ("You Don’t Know Me"). 




                       

André Villéger


Manuel Rocheman, Olivier Temime, Dominique Lemerle, François Ricard, Sean Gourley

Sarah Morrow
                           




SARAH MORROW ELEKTRIC AIR

20, 22 & 26 avril 2009

Personnel :
Sarah Morrow (tb, voc)
Julien Lifszyc (p)
Peter Giron (b)
Bruno Pimienta (dm)



Sarah Morrow fut l’invité d’honneur de ce festival puisqu’elle eut l’occasion de présenter les deux formations qu’elle dirige : le funky Elektric Air et le groovy American All Stars in Paris.






Sarah Morrow
  

Peter Giron & Bruno Pimienta


Sarah Morrow
 
                       


Les trois représentations qu’elle donna avec Elektric Air donna à découvrir un groupe au personnel (Julien Lipfszyc, p, Peter Giron, b, Bruno Pimienta, dm) et au répertoire renouvelés, lequel faisait-là ses premiers pas sur une grande scène.

Se voulant un rapprochement entre jazz et musiques urbaines – mais sans perdre l’essence du premier –, Elektric Air use des sons électrifiés – y compris sur le trombone, modifié par un système de pédales wah-wah – avec justesse, n’abandonnant pas la forme au profit du fond.

Cette formation permit d’apprécier une Sarah Morrow chanteuse, notamment sur son envoûtante composition "Bittersweet" ou sur sa version langoureuse de "Hit the Road Jack" où le blues ressurgit sous les effets électroniques.








SARAH MORROW &
THE AMERICAN IN PARIS ALL STARS

25 avril 2009

Personnel :
Sarah Morrow (tb)
Ricky Ford (ts)
Tom McClung (p)

Peter Giron (b)
Jeff Boudreaux (dm)


 

     
 
Sarah Morrow & Tom McClung


Peter Giron, Jeff Boudreaux, Ricky Ford, Sarah Morrow, Tom McClung


Ricky Ford & Jeff Boudreaux
                                                                                   
Formation plus classique, The American All Stars n’usurpa pas son nom, en réunissant Ricky Ford, Tom McClung, Peter Giron et Jeff Boudreaux. Il s’agissait ici d’une variante piano du quintet de Sarah Morrow, sans l’orgue de Rhoda Scott.

L’osmose du groupe et l’évidente complicité des deux cuivres servirent avec énergie et conviction la musique. Portés par le groove de Jeff Boudreaux, le blues à fleur de doigts de Tom McClung et le solide soutien de Peter Giron, Sarah Morrow et Ricky ont déployés un jazz nerveux et intense sur "Work Song" ou encore "Love for Sale".


PETER GIRON BLUES UNIT              

27 avril 2009

Personnel : 
Peter Giron (b)
Sylvia Howard (voc)
Sarah Morrow (tb)
Tom McClung (p)

John Betsch (dm)

Ce fut ensuite une formation blues, créée pour l’occasion, qui monta sur la scène du Jardin d’Acclimatation : emmenée par Peter Giron, contrebassiste familier des ensembles blues et funk, celui-ci s’était entouré de Sylvia Howard, Sarah Morrow, Tom McClung et John Betsch. La présence incandescente de Sylvia Howard imposa une remarquable intensité aux interprétations de "Georgia", "Route 66" ou encore "Every Day I Have the Blues".

Le dialogue entre la chanteuse et la tromboniste, aussi riche que naturel, fut admirablement souligné par une section rythmique soudée qui bénéficia de toute la finesse de John Betsch. Visiblement heureux d’être ensemble, les musiciens (et le public) auront sans doute plaisir à reconstituer prochainement cette fine équipe, afin de poursuivre leur échange sur ce blues à la fois authentique et vivant.

 
                                            
 
Peter Giron


Dano Haider, Nicola Sabato, Harry Allen, Michel Denis

       

HARRY ALLEN QUARTET              

29 avril 2009

Personnel : 
Harry Allen (ts)
Nicola Sabato (b)
Dano Haider (g)
Michel Denis (dm)

De passage à Paris, Harry Allen, fut l’une des "pépites" du festival. Après le concert de la veille à la Mairie du 13e (voir plus haut), le ténor se produisit en quartet avec Nicola Sabato, Dano Haider et Michel Denis.




RONALD BAKER QUINTET              

28 & 30 avril 2009

Personnel : 
Ronald Baker (tp, voc)
Eric Breton (ts)
Pierre Christophe (p)
Raphaël Dever (b)

Mourad Benhammou (dm)





 
Pierre Christophe, Raphaël Dever, Mourad Benhammou, Ronald Baker


Ronald Baker
                                       
Enfin Ronald Baker vint conclure ces trois semaines de programmation avec trois dates qui inclurent l’excellent trio de Pierre Christophe, comprenant Raphaël Dever et Mourad Benhammou. Les deux premières dates inclurent également Eric Breton.                                              

Mourad Benhammou, Ronald Baker, Eric Breton


Ronald Baker, Mourad Benhammou, David Johnson, Jeff Hoffman

Ronald Baker, Pierre Christophe
                                           

RONALD BAKER ALL STARS SEXTET              

1er mai 2009

Personnel : 
Ronald Baker (tp, voc)
David Johnson (ts)
Jeff Hoffman (g)

Pierre Christophe (p)
Raphaël Dever (b)

Mourad Benhammou (dm)

Mais c’est avec son ultime performance que le groupe donna le meilleur, grâce à la présence dynamisante de David Johnson et Jeff Hoffman pour une performance 100% blues. Devant un public particulièrement nombreux (nous étions le 1er mai) et réagissant très positivement au groove pour le moins tonique de ce Ronald Baker All Stars Sextet, ce dernier a déroulé les standards avec une grande vitalité. Les enfants ont également apprécié la version très ludique qu’a proposée le trompettiste de "Take The A Train" (avec des "Tchou-tchou !" ponctuant la mélodie).

En ce printemps 2009, le Jardin d’Acclimatation avait décidemment des airs de Central Park ! 

 

David Johnson
  
Jeff Hoffman

   SPIRIT OF TED CURSON TOUR / 23-28 OCTOBRE 2008 / PARIS                       


Ted Curson is in town !


Ce grand styliste de la trompette moderne, accompagnateur historique de Charles Mingus (Live in Antibes, 1960), était à Paris pour une série de cinq concerts exceptionnels, entre le 23 et le 28 octobre 2008, à la Mairie du 5e, au Conservatoire municipal du 19e, à la Sorbonne et à l'Ambassade des Etats-Unis.

Une tournée parisienne qui aura été à la hauteur de toutes les espérances, tant en matière de succès public que de réussite artistique. Chaque soirée a été l’occasion de programmes différents mis en place par des musiciens au professionnalisme impeccable, attentifs à l’imprévu, inspirés par l’urgence. Galvanisé par des groupes inédits et aux personnalités contrastées, Ted Curson a joué le jeu des différents paris musicaux qui s’offraient à lui, profitant de ces configurations à chaque fois familières et originales.


               

Photo © John Meixner


Ted Curson © Spirit of Jazz
 TED CURSON QUINTET invite JOE LEE WILSON
23 octobre 2008 - Mairie du 5e (Paris)

Personnel :
Ted Curson (tp, voc)
Joe Lee Wilson (voc)
Oliver Griffith (ts, ss, fl)
Michel Sardaby (p)
Nicola Sabato (b)
John Betsch (dm)



Tout commence par les retrouvailles avec le compagnon de route des années cinquante, le vocaliste Joe Lee Wilson à la salle des fêtes de la Mairie du 5e arrondissement. Plus de cinq cents personnes étaient venues assister à l'événement, dont quelques musiciens : les trompettistes Mra Oma, Louis Smith, Rasul Siddik, ou encore la vocaliste Sylvia Howard Le public enthousiaste a acclamé le "Take the A Train" de Duke Ellington, nerveux et swinguant à souhait, joué à la trompette piccolo et souligné par la belle section rythmique, constituée par de Michel Sardaby, Nicola Sabato et le très musical John Betsch. Dans le même esprit vigoureux et mélodique "I’ll Remember Aprill" puis le mystérieux "Blue Monk"  ont été superbement interprétés, avec notamment des interventions solides d’Oliver Griffith, particulièrement en verve à la flûte.

Après les funky "Watermelon Man" et "Summertime" (Ted Curson délaissant la trompette pour le chant), Joe Lee Wilson fait son apparition. Dialoguant avec la trompette bouchée mélancolique de Ted Curson, le vocaliste démontre toute sa majesté sur "Shadows of the Sunset", co-écrit avec Michel Sardaby. La sensibilité fragile et écorchée, hyper-expressive de Joe Lee Wilson impose sa présence sur cette ballade très touchante décrivant l’après-11 Septembre. Avec le "Social Call" de Gigi Gryce, Joe Lee Wilson met en lumière ses facultés de swing mélodique, comme sur "Azur Te" de Wild Bill Davis qui se transforme en medley blues où Ted et Joe Lee rivalisent de frénésie et débouchent sur "Route 66" et "Everyday I Have the Blues".

Face à la demande de rappel enflammée du public, Ted Curson lance alors un "Cherokee" virulent, bien négocié par  Oliver  Griffith  au  soprano.  Il conclut  avec un vibrant "Georgia" qu’il chante, prenant un beau solo au bugle avant de rappeler Joe Lee Wilson pour un ultime blues ("Pink Champagne"). Epuisés et ayant tout donné, Ted Curson et Joe Lee Wilson sont chaudement félicités par le public, heureux d’avoir pu rencontrer des musiciens témoignant de leur histoire avec autant d’énergie et de générosité.

                     

Joe Lee Wilson © Spirit of Jazz

Sarah Morrow © Spirit of Jazz
 SARAH MORROW invite MICHEL SARDABY et TED CURSON
24 octobre 2008 - Conservatoire du 19e (Paris)

Personnel :
Sarah Morrow (tb, voc)
Ted Curson (tp, voc)

Michel Sardaby (p)
Peter Giron (b)
Doug Sides (dm)



Le lendemain, au conservatoire du 19e arrondissement, Sarah Morrow proposait une rencontre autour de sa musique et de l’esprit de Ray Charles dont Ted Curson et Michel Sardaby ont été les éminents solistes. Le tandem rythmique de Peter Giron et Doug Sides a assuré une pulsation intelligente, puissante, inventive, qui a mis en relief cette musique avec classe. Dès la répétition, dans les locaux du conservatoire,  les élèves de l'établissement ont pu assister, avec une attention particulière, à la mise en place et au choix des morceaux, aux réglages divers… enrichis des commentaires pédagogiques de Michel Sardaby et de la présentation de Sarah Morrow.


Michel Sardaby, Sarah Morrow et Ted Curson © Maï-Maï

Le concert a débuté avec une superbe version du "Work Song" de Nat Adderley. Sur ce shuffle, c’est un Doug Sides d’une grande assurance et d’une grande lisibilité mélodique qui a poussé un Ted Curson percutant et une Sarah Morrow enfiévrée. La musique de Sarah Morrow était à l’honneur avec sa composition "Tisha’s Dance", et les belles phrases de Ted Curson au bugle. La musique de Ray Charles a été évoquée  avec  un beau "Georgia" chanté par Ted Curson. Le standard "Come Rain or Come Shine" a été interprété de manière originale sur un tempo médium-rapide dans l’esprit de Lee Morgan où Sarah Morrow se distingue par un solo magnifiquement construit comme à son habitude. Michel Sardaby put développer à l’envi "There’s No Greater Love", grâce au contrôle parfait de Peter Giron et aux balais de Doug Sides.

Le groupe au complet est ensuite repassé en mode gospel pour un morceau que Sarah Morrow avait composé pour l’orchestre de Ray Charles, "Good Music Medicine". Dans la lenteur et la tension, le blues se déploie avec grâce et vigueur, Ted Curson à la trompette piccolo et Sarah Morrow avec sourdine sachant apporter  les  accents  inspirés,  méditatifs  et  cathartiques  à  cette  musique.  Le  final  funky  se fait  sur un "Alligator Boogaloo" enragé. Et c’est en toute décontraction que les musiciens ont fini la soirée en échangeant avec le public et avec des musiciens du conservatoire, comme Fadjoé Kelly (p).

TED CURSON ALL-STARS SEXTET                
"Spirit of Charles Mingus"
25 & 27 octobre 2008 - La Sorbonne (Paris)

Personnel :
Ted Curson (tp, voc)
Ricky Ford (ts)
Sarah Morrow (tb, voc)
Michel Sardaby (p, le 25/10)
Tom McClung (p, le 27/10)
Peter Giron (b)
Doug Sides (dm)

                   

Ricky Ford, Sarah Morrow et Ted Curson © Maï-Maï

Les deux concerts phares de la tournée ont eu lieu à la Sorbonne, dans le somptueux Amphithéâtre Richelieu, le samedi 25 et le lundi 27 octobre. Le Ted Curson All-Stars Sextet a immédiatement investi les lieux dont les panneaux de bois et les gradins n’ont pas tant l’habitude de vibrer d’un swing aussi violent.

La pulsation établie par Doug Sides sur "Playhouse  March" (écrit par Ted en 1962 en référence à Minton’s Playhouse, le célèbre club de la 52e rue de New Yok) donne le ton de tout le concert : ce shuffle torride permet les débordements de Ricky Ford au ténor torrentiel, de Sarah Morrow et son énergie frémissante, de Ted Curson et ses interventions perçantes. La délicatesse de Michel Sardaby est particulièrement mise en valeur sur "Tears For Dolphy", le très tendre hommage de Ted à Eric Dolphy, l’altiste immortalisé au sein du groupe de Mingus à ses côtés sur le célèbre Live in Antibes de 1960.


Tom McClung, Ricky Ford, Sarah Morrow, Ted Curson, Peter Giron et Doug Sides © Maï-Maï

Avec le "Fables of Faubus" de Mingus, et les vocalisations du groupe (« no more Ku-Klux-Klan ! »), c’est le discours revendicatif des années soixante qui refait surface, acerbe et majestueux. Avec un contrôle parfait et un engagement impérieux, le groupe retrouve la folie mingusienne et la texture même de cette musique, sans polissage ni retenue.


Ricky Ford © Maï-Maï
                                   
Avec "Nostalgia in Times Square", l’esprit mingusien continue à se déployer dans le swing avant de s’apaiser sur "Goodbye Pork Pie Hat", la légendaire évocation du décès de Lester Young et de retrouver toute sa démesure sur "Better Git Hit in Your Soul" où Doug Sides apporte toute l’ampleur de sa palette dynamique. Le final sur un blues improvisé ("Let Me Play With Your Poodle" !) et sur un "Summertime" joué latin-funk finissent de galvaniser la salle.

L’avalanche de déchirements rauques de Ricky Ford, l’assurance créative de Peter Giron, la pertinence de Sarah Morrow, les trépidations fondatrices de Doug Sides, les qualités mélodiques de Michel Sardaby ou, le lundi, les inflexions blues d’un Tom McClung très inspiré ont été l’écrin dont Ted Curson avait besoin pour donner vie à cette musique.

Dans ce cadre un peu hiératique, les déchaînements de la musique de Mingus et de Ted Curson ont pris une valeur particulière, enthousiasmant par deux fois une salle parfaitement convaincue de la vitalité nécessaire de l’événement. Car, si le jazz a depuis longtemps conquis sa place dans les universités américaines, où des cursus nombreux lui sont consacrés, la présence du jazz dans l’université française est encore très modeste, et elle est très rarement portée par des artistes de renom historique.
 

TED CURSON QUARTET
28 octobre 2008 - Résidence de l'Ambassadeur
des États-Unis (Paris)


Personnel :
Ted Curson (tp, voc)
Michel Sardaby (p, le 25/10)
Tom McClung (p, le 27/10)
Peter Giron (b)
Doug Sides (dm)

+ Sarah Morrow (voc) invitée sur
"Let Me Play With Your Poodle"

 
 

Ted Curson © Spirit of Jazz

A l’occasion du Daniel Pearl World Music Day, le 28 octobre, l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique accueillait dans la résidence de l’Ambassadeur, salon Samuel Bernard, le quartet de Ted Curson. En présence de M. l’Ambassadeur Craig Appleton et de son épouse, ainsi que de l’actrice Leslie Caron et Thierry Lachkar, président de la Fondation Daniel Pearl pour la France, a lu un message du père de Daniel Pearl, Judah Pearl, avant que Sybille Ktorza ne donne également lecture d’un message de sa belle-sœur Marianne Pearl.

Dans le contexte totalement acoustique des dorures élégantes d’un superbe salon du XVIIIe siècle, le public a apprécié la finesse d’interprétation des standards de Ted Curson. Sur "Bye Bye Blackbird", un Doug Sides toujours abondant et musical, un Peter Giron d’une grande classe et un Tom McClung à l’accompagnement magique et toujours dans la lignée du blues ont soutenu le trompettiste-chanteur qui jouait cette fois-ci sur le registre de l’intimisme.


Doug Sides, Peter Giron et Tom McClung © Spirit of Jazz
                  

L’humour a eu sa place dans un détournement de "The Girl From Ipanema"  aux apartés  en finlandais  et  aux  paroles modifiées ("Short and fat, and funky and greasy, the girl from Hiroshima comes rolling…"). La version du "Caravan" d’Ellington et Juan Tizol a été incendiaire avec un Doug Sides libéré. Ted Curson impose un break où le piano solo de Tom McCLung brille avec des allusions ragtime, avant un solo  de  batterie volcanique. 

"Georgia", "Summertime" et "Cantaloupe Island" terminent le set de façon festive, avant de conclure par un rappel en forme de shuffle avec "Playhouse March" devenu l’emblème de la tournée… et un "Let Me Play With Your Poodle" rendu possible par l’apparition dans le public de Sarah Morrow qui vient échanger — au chant — sur le blues !


Le compte-rendu du concert (en anglais) est sur le site de l'Ambassade des États-Unis.

     TED CURSON QUARTET / 8 SEPTEMBRE 2008 / PARIS                                    


                              
               Photo © John Meixner
TED CURSON QUARTET
"Spirit of Charles Mingus"
8 septembre 2008 - Mairie du 13e (Paris)

Personnel :
Ted Curson (tp, voc)
Michel Sardaby (p)
Wayne Dockery (b)
John Betsch (dm)
+ Anna-Maria Manerino (voc) invitée sur "Round Midnight"
 

       Compte rendu paru dans Jazz Hot n°647 (novembre 2008)