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  Ted CURSON                                                                                                            
   trompette, chant

Né à en 1935 à Philadelphie, Ted Curson est une personnalité des plus originales : son éclectisme fantasque l’a fait jouer avec le pianiste d’avant-garde Cecil Taylor comme avec les groupes de blues les plus roots. Formé au Granoff Musical Conservatory, il monte à New York à la fin des années cinquante sur les conseils de Miles Davis lui-même. Il fait alors bientôt partie du groupe de Charles Mingus avec lequel il enregistre le célèbre Live in Antibes (1960, Atlantic Records) avec Bud Powell et Eric Dolphy. Il collabore avec Max Roach, John Coltrane, Archie Shepp, Mal Waldron, Philly Joe Jones et ne tarde pas à créer son propre groupe, un splendide quintet co-dirigé avec le saxophoniste Bill Barron. Les années soixante-dix le voient voyager et enregistrer d’excellents albums en France comme Pop Wine (1971, Futura) et Cattin’ Curson (1973, Futura). 

Pendant toutes les années quatre-vingt, il dirige la jam- session du Blue Note de Greenwich Village à New York et depuis, il ne cesse de trouver de nouveaux contextes où exprimer son invention musicale exubérante. Figure singulière, prête à toutes les aventures, Ted Curson est un styliste très particulier, mélange d’énergie tendue et de blues qui réserve toujours des surprises. Avec son phrasé explosif et sa sonorité généreuse, il impose une présence indiscutable. Pier Paolo Pasolini s’est même servi de sa musique dans son film Teorema. Sa musique sans frontière le fait passer sans sourciller de Ray Charles à l’avant-garde, de la trompette piccolo au scat.

Juste récompense de sa carrière, il a fait la couverture de Jazz Hot en 1998. Il est également la mascotte officielle du festival de Pori en Finlande depuis 40 ans et fait partie du Spirit of Life Ensemble basé dans le New Jersey : son appétit musical le pousse à se renouveler sans cesse avec tout l’humour dont est capable un artiste aussi sérieu-sement dévoué à la cause de la musique.
         


  Sarah MORROW                                                                                                       
   trombone, chant

Originaire du Texas, Sarah Morrow a principalement grandi à Columbus, Ohio. En musicienne instinctive, elle a compris d’emblée les principes directeurs de la musique qu’elle aime. Elle est remarquée dans les années quatre-vingt-dix par Ray Charles dont elle intègre le big band, devenant ainsi la seule musicienne à avoir joué dans son grand orchestre. Elle  rejoint ensuite l’octet du grand saxophoniste ténor David Murray, tournant auprès du non moins historique saxophoniste alto James Spaulding. Cette rude formation auprès de musiciens exigeants a été le prélude à une carrière en leader riche et variée. Elle s’installe bientôt à Paris et sort son premier album, Greenlight (2001), remarqué pour l’originalité de ses compositions et son énergie, mise en valeur par Antoine Roney (ts) et James Hurt (p). Elle poursuit avec un ambitieux Standards And Other Stories (2003) où l’on retrouve Jesse Davis (as), Dave Murray (ts) et Anne Ducros (voc) et elle organise enfin une superbe rencontre avec l’organiste Rhoda Scott et le légendaire saxophoniste Hal Singer (2005, And The American All-Stars In Paris). Compositrice, arrangeuse, parolière et désormais chanteuse, Sarah Morrow travaille depuis dix à intégrer à sa musique des éléments venus du funk et du hip-hop.

Au sein de son groupe ELEKTRIC AIR - dont le talentueux Robert Glasper est le pianiste d'origine -, elle tente expérimente un rapporchement entre jazz et musiques urbaines. Sarah Morrow continue parallèlement de faire vivre son AMERICAN ALL-STARS IN PARIS avec Rhoda Scott, l'époustoufflant Ricky Ford (ts), Peter Giron (b) et Jeff Boudreaux (dm). Un quintet de prestige pour un jazz chaleureux et spectaculaire.
       


VIDÉO : Sarah Morrow interviewée pendant le festival de jazz du Jardin d'Acclimatation (avril 2009)

  Michel SARDABY                                                                                                     
   piano

Michel Sardaby est né en 1935 à Fort-de-France (Martinique). Cette mémoire caribéenne couplée à son écoute du bebop et son vécu d’une richesse incroyable en ont fait un musicien particulièrement respecté, voire mythique au Japon où l’on s’arrache ses productions. Son parcours prend naissance dans les années cinquante quand il bénéficie, après ses études à l’Ecole Boulle en 1956, de la présence en France de musiciens exceptionnels et d’un tissu musical vivant avec de multiples clubs. C’est ainsi qu’il joue abondamment avec Dexter Gordon, T-Bone Walker, Sonny Criss, Kenny Clarke, Ben Webster, J.J. Johnson, Chet Baker, Art Taylor, Jimmy Gourley ainsi que les figures marquantes du jazz européen comme Guy Lafitte, René Thomas ou Pierre Michelot. Sa discographie, d’une qualité rare, retrace des rencontres de qualité, comme avec Monty Alexander (1984, Carribean Duet) ou Ron Carter (1984, Voyage).

Son format favori est le trio où il excelle par sa finesse avec le concours de sections rythmiques toujours remarquablement choisies comme Percy Heath et Connie Kay (1970, Night Cap), Richard Davis et Billy Hart (1974, Gail), Rufus Reid et Marvin Smitty Smith (1989, Going Places), Buster Williams et Ben Riley (1996, Plays Classics and Ballads) et évidemment Reggie Johnson et John Betsch (1997, Intense Moments). Il ne dédaigne pourtant pas le quintet qui lui valu de belles réussites avec Ralph Moore (ts) et le vétéran Louis Smith (tp), accompagné par les jeunes Peter Washington et Tony Reedus (1992, Straight On). Il a d’ailleurs récemment remis à l’honneur cette formation avec de jeunes new-yorkais, Robert Dickson (ts) et Derrick Garner (tp). Ses derniers albums (2006, Night in Paris) sont le reflet d’une personnalité dont l’art serein et maîtrisé constitue une leçon de musicalité. Entre Bud Powell et Tommy Flanagan, il est aujourd’hui à un sommet de maturité et de maîtrise de son art. Compositeur ultra-mélodique, soliste souvent émouvant, il ne cesse de relire son propre répertoire tout en revisitant les grandes œuvres de Duke Ellington ou Thelonious Monk et les standards qui sont le véhicule idéal pour son expression à la fois raffinée et ancrée dans le blues, énergique et construite.

L'actuel MICHEL SARDABY TRIO se situe dans la lignée des formations précédentes, doté d'une rythmique américaine de premier ordre, composée du contrebassiste Darryl Hall et du batteur Doug Sides. Michel Sardaby joue aussi fréquemment avec Wayne Dockery (b) et John Betsch (dm).
     
VIDÉO : Extrait du concert de Michel Sardaby au Duc des Lombards (Paris, juillet 2009)

  Doug SIDES                                                                                                              
   batterie

Né à Los Angeles en 1942, Doug Sides a étudié à la Berklee School of Music de Boston avec le légendaire musicien et enseignant Alan Dawson. Depuis, ce batteur puissant dont le style est influencé par Max Roach et Frank Butler, a joué avec les plus grands : Herbie Hancock, Monty Alexander, Abbey Lincoln, Chick Corea, Joe Henderson, Hank Jones, Horace Parlan, Johnny Griffin, Sonny Stitt…

La liste des musiciens ayant reconnu son talent est sans fin. C’est un technicien rigoureux possédant un drive très original dont la vigueur d’acier et les relances mélodiques signent un styliste remarquable. Dans la tradition du jazz, il a su développer sa propre personnalité avec un profond respect d’accompagnateur pour la musique qu’il nourrit de sa présence.

ideman parfait, virtuose d’une précision et d’une énergie toujours enthousiasmante, Doug Sides est un modèle de drive et musicalité. Il vit désormais à Paris et joue fréquemment avec Michel Sardaby, Xavier Richardeau, Laurent Courthaliac, Yves Brouqui…
      

  SPIRIT OF LIFE ENSEMBLE                                                                                    

Collectif fondé en 1975 par le percussionniste Daoud-David Williams, le Spirit of Life Ensemble n'a rien perdu de son enthousiasme originel, combinant les influences caribéennes et le jazz le plus new-yorkais. Cette formation explosive a voyagé dans le monde entier, du Japon à la Finlande pour porter la bonne parole d’un jazz festif et intense.

Basé dans le New Jersey, le Spirit of Life Ensemble a vu défiler dans ses rangs des dizaines de musiciens de renom (Archie Shepp, Randy Weston, Pharoah Sanders, Winard Harper, Cecil Brooks III, Steve Wilson, Bennie Powell, Eddie Henderson, John Hicks, Kenny Barron, Guilherme Franco…). Cette formation, au directeur artistique changeant, laisse de larges espaces de liberté aux solistes et, avec une grande flexibilité, s’oriente vers des registres bebop, africains, latin ou simplement swing avec pour seul mot d’ordre de communiquer leur vécu protéiforme au public. Non seulement sa musique est accessible, mais elle est d'une joie et d'une vigueur capable de générer de vrais enthousiasmes. Elle représente une musique vivante, car sa démarche fait aimer le jazz et parle particulièrement au public peu familiarisé avec la musique afro-américaine. Pédagogues au service du public, les membres du Spirit interviennent dans de nombreux établissements scolaires, enracinant le jazz dans le plaisir de proximité d’une musique évidente. Après les beaux succès de Live at the Duc (2003), Little Oasis (2005) et That Healin’ Feelin’ (2006), ils viennent de sortir leur 11e album : Planet Jazz.

Ensemble à géométrie variable, le Spirit of Life compte parmi ses membres réguliers : Daoud-David Williams (perc), Ted Curson (tp), Rob Henke (tp), Bob Ferrel (tb), Ray Blue (ts), Michael Cochrane (p), Calvin Hill (b), Greg Servance (dm). Lors de ses venues en France, le Spirit accueille volontiers dans ses rangs Joe Lee Wilson (voc), Timothy Hayward (as), Katy Roberts (p), Tom McClung (p) ou encore Doug Sides (dm).
        

  THE AFRO-SEMITIC EXPERIENCE                                                                         

Mélange de rythmes afro-américains et de mélodies hébraïques, la musique du contrebassiste David Chevan et du pianiste Warren Byrd est l’aboutissement d’une histoire culturelle propre aux Etats-Unis. Quand le jazz rejoint la synagogue, cela donne un groupe chatoyant, riche et complexe qui illustre un dialogue et un vécu spécifiquement américains. A leur culture et leur pratique de musiciens de jazz se superpose un projet original, qui sait générer la méditation comme l'enthousiasme tout en évoquant les destins croisés des communautés américaines noire et juive américaines.

Dans cette dynamique culturelle du prolongement et de la transmission, Warren Byrd et David Chevan construisent aussi un discours social qui affirme l’actualité d’une écoute entre les communautés, voire d’une synthèse qui aménage un espace commun tout en conservant les particularités de chacun.

The Afro-Semitic Experience, créé en 1997, est un superbe et audacieux mélange de tradition juive et de bebop, de gospel et de musique synagogale. Leur rencontre fut inaugurée par Avadim Hayinu: Once We Were Slaves et s’est poursuivie avec This Is the Afro-Semitic Experience. On remarque aussi "Old Wine in New Bottles": A Concert of Modern Arrangements of Cantorial Music qui a été créé avec le hazzan Jack Mendelson. On note également Days of Awe, superbe programme pour Rosh Hashanna et Yom Kippour. Leur plus récente réalisation est le très intense Yizkor, Music of Memory (2008).
   


  John BETSCH                                                                                                           
   batterie

John Betsch est né en 1945 à Jacksonville (Floride). La musique lui est naturelle car son environnement est décisif : avec une mère organiste et pianiste et une sœur chanteuse lyrique, il débute la batterie à 9 ans. Dès 18 ans, il joue avec le trompettiste Louis Smith. Il étudie à la Fisk University (Nashville, Tennessee) puis à la Berklee School of Music et la University of Massachusetts auprès de Max Roach et Archie Shepp. Musicien et enseignant en université et dans le cadre de programmes d’éducation dans les prisons, il s’installe à New York en 1975 et joue alors avec Jeanne Lee, Abbey Lincoln, Dewey Redman ou Roland Alexander. Il se fait connaître dans un cercle à mi-chemin entre free jazz et bop musclé. Il joue avec Max Roach (Newport 1974), tourne avec Kalaparusha Maurice McIntyre (1976), Abdullah Ibrahim et Dewey Redman (1979). Fidèle accompagnateur de Steve Lacy avec Jean-Jacques Avenel (b), il vit à Paris depuis 1985 et n’a pas manqué d’accompagner de nombreux musiciens dans tous les clubs de la capitale (Katy Roberts, Claudine François, Hal Singer, Alain Jean-Marie, Sarah Morrow…). Sa discographie témoigne d’un univers coloré et ouvert où l’on croise Jim Pepper, Mal Waldron, Kirk Lightsey, Billy Bang, Marilyn Crispell, Henry Threadgill, Archie Shepp… Styliste surprenant, parfois straight, parfois plus anguleux, il apporte toujours à la musique d’un leader sa personnalité contrastée.

  Wayne DOCKERY                                                                                                     
   contrebasse

Wayne Dockery est un grand artisan du jazz. Né en 1941 à Camden, près de Philadelphie dans une famille très musicale enracinée dans le gospel, il s’est formé au cœur des années soixante. Il a joué avec les plus grands : John Coltrane, Art Blakey, Elvin Jones, George Benson… La nervosité de son phrasé, son talent mélodique, sa présence et sa belle sonorité signent un contrebassiste remarquable qui, en homme de sa génération, ne connaît pas de barrières stylistiques.Avec sincérité et sans artifices, avec honnêteté et humour, il a mené une carrière originale qui en fait l’un des musiciens les plus discrètement présents de la scène parisienne des 20 dernières années. Pilier des sections rythmiques les plus relevées, il a joué avec Sonny Fortune, Clark Terry, Jimmy Heath, Al Grey, John Hicks, Clifford Jordan, Tadd Dameron, Bobby Hutcherson, Hank Mobley, Joe Henderson… On peut l’entendre dans le quartet d’Archie Shepp qu’il fréquente depuis trente ans.

  Ricky FORD                                                                                                              
   saxophone ténor

Né à Boston en 1954, Ricky Ford a connu un parcours d’une richesse incroyable. Après une formation au New England Conservatory, notamment auprès du théoricien Gunther Schuller, il fait partie très jeune du Duke Ellington Orchestra (1975) puis devient membre permanent d’un des derniers groupes de Charles Mingus (1976-77). Il prend ensuite une place importante dans l’orchestre de Lionel Hampton (1981) et fait la rencontre d’Abdullah Ibrahim avec lequel il enregistre la musique du film Chocolat de Claire Denis (1988). Jeune lion du ténor, il s’impose rapidement dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix en enregistrant abondamment en leader avec la génération montante des Roy Hargrove et Jeff Tain Watts et avec des légendes comme McCoy Tyner ou Jaki Byard. Il s’installe ensuite en France et enseigne simultanément à Istanbul jusqu’en 2006. Il joue en duo avec Kirk Lightsey (2003, Reeds and Keys), en quartet avec George Cables (1999, Balanea), dirige un sextet français d’une invention chatoyante (2001, Songs for my Mother) et propulse un big band chaleureux qu’il anime de son saxophone furieux. Titan du sax ténor, styliste vigoureux, il dévore les notes avec un appétit colossal. S’il a été durablement marqué par la liberté de la musique de Charles Mingus, il a su créer son propre univers et est devenu par sa personnalité instrumentale outrancière une figure unique du saxophone ténor. Paris a la chance d’avoir un très grand artiste dans ses murs !

  Peter GIRON                                                                                                              
   contrebasse

Né en 1952 à New York, formé au Westminster College (violon et contrebasse), Peter Giron a une longue expérience dans le blues, ayant accompagné Luther Allison ou Charles Earland. Il est désormais installé en France où il enseigne au conservatoire de Montpellier. Il joue fréquemment avec Jobic Le Masson (p) et John Betsch (dm) dans un trio aux nuances infinies dont le dernier opus est sorti chez Enja (2008, Hill). Il a également accompagné Sarah Morrow dans son American All-Star. C’est un contrebassiste d’une grande souplesse, capable d’un groove impeccable et d’une invention de chaque instant. Il a joué avec Rhoda Scott, Kurt Elling, Dave Liebman, Steve Williams, Archie Shepp… Styliste capable  de robustesse comme de finesse, il est un accompagnateur recherché pour sa capacité à dialoguer avec les solistes. Il est également enseignant à l’American School of Modern Music de Paris.

  Tom McCLUNG                                                                                                         
   piano


en 1957 à New York, Tom McClung a passé son enfance à Amherst (Massachussetts). Pianiste au professionnalisme affirmé, il a aussi bien joué de la salsa que du blues, avec Tino Gonzalez notamment. Il a été le pianiste régulier des saxophonistes Marion Brown et Yusef Lateef. Il est désormais l’inamovible accompagnateur d’Archie Shepp. Privilégiant la mélodie, le rythme et l’inspiration, il se classe dans la lignée des pianistes à l’esthétique ouverte (Kenny Barron, John Hicks, Ronnie Mathews…) qui font tant pour la poésie du jazz. Installé à Paris depuis quelques années, il se retrouve fréquemment avec la Jazz Unit de Gildas Scouarnec et les Black Studies de Steve McCraven. Il a par ailleurs joué avec des musiciens aussi variés que Joe Lee Wilson, Thomas Chapin, Attila Zoller, Ray Copeland, Jimmy Knepper, Benny Waters, Al Cohn… Il a récemment sorti un bel album en piano solo intitulé DeClassified (2007).

                                                                                                                                                                                                                               © SPIRIT OF JAZZ 2009